Lieux de rencontre | Exposition de groupe

Lieux de rencontre | Exposition de groupe
Artistes : Valérie Gobeil, John Maull, Ezekiel Messou, Olivier Moisan-Dufour, Moe Piuze
Date : 17 juin au 17 juillet 2021

 

Qu’il s’agisse du simple tracé d’une ligne, d’un jeu de texture ou d’une discussion entre le vide et le plein, l’œuvre d’art propose une expérience sensible. Cinq artistes (Canada, États-Unis et Bénin) s’attellent ici à proposer un lien : l’art comme vecteur de cette recherche de sens qui, si le spectateur s’y attarde, devient alors le lieu d’une rencontre.

Valérie Gobeil vit et travaille à Montréal. Sa démarche artistique consiste en une recherche sur le potentiel pictural du textile et de la fibre. Ses préoccupations sont strictement formelles et ne s’appuient pas sur une réalité visuelle. Elle interroge le textile comme on peut interroger la peinture de façon autoréférentielle. Aller au-delà de ses fonctions utilitaires d’habillement et d’outil au quotidien et réfléchir aux propriétés de la matière pour ce qu’elle est intrinsèquement. Remettre en question la couleur, la composition, les textures et les motifs lui permet d’ouvrir de nouveaux chemins exploratoires. Il en résulte des œuvres tactiles aux formes organiques colorées où les espaces s’entremêlent et créent de nouveaux lieux de rencontre.

Né à Los Angeles, John Maull travaille dans les studios d’art progressifs de Tierra del Sol depuis 2005. Il trace des motifs floraux et colorés à l’aide de crayons, de feutres, de stylos à bille ou de peinture. Couche après couche, il privilégie le mouvement au motif, emprunt d’un désir d’exprimer les émotions qui le traversent. Le langage semi-abstrait de Maull révèle sa passion pour la nature, mais aussi la joie qui l’anime lorsqu’il crée. On note également la présence d’un alphabet qui lui est propre, traces récurrentes d’une volonté de signer son œuvre.

Ezekiel Messou, artiste du Bénin, grand spécialiste réparateur et dessinateur des machines à coudre, propose une corrélation plastique entre dessin technique et œuvre d’art. À l’intérieur de son atelier de réparation de machines à coudre, à l’abri des regards, Ezekiel Messou remplit des cahiers d’écolier, format A5, quadrillés au millimètre près, dans lesquels il énumère les modèles de machines à coudre. Né en 1971, Ezekiel Messou n’est pas un élève très assidu. À l’âge de seize ans, il fuit un père autoritaire et part pour le Nigeria. De 1990 à 1995, il apprend le métier de réparateur de machines à coudre à Lagos. Son choix est orienté par une déduction simple, car, comme il le dit, « les pêcheurs, les tailleurs ou les maçons sont trop nombreux sur le lac, alors que personne ne saurait faire ce métier… »

>Artiste québécois, Olivier Moisan-Dufour propose une discussion directe entre peinture et sculpture. Son processus créatif débute par la construction spontanée et intuitive d’œuvres sculpturales généralement composées de bois recyclé. S’en suit une traduction plastique. Prodige de la peinture hyperréaliste, il fixe sur la toile chaque détail des dites œuvres, jeu de lumière et qualité de la matière. Le rapport entre présentation et représentation crée un dédoublement, une dualité, un dialogue qui lui permet de remettre en question l’objet d’art dans ce qu’il peut avoir de plus singulier.

Originaire de Rawdon (Canada), Moe Piuze joue sur la question d’Identité. À l’occasion d’une nouvelle série de petites œuvres, il fait un appel au don et part à la rencontre d’une véritable communauté afin de récupérer le bois nécessaire à leur fabrication. Chaque pièce est donc constituée de bois récupéré, parfois centenaire, et aborde plusieurs sujets conjoints tels que le corps, la maison, et le paysage. L’idée de territoire s’imprime sur chaque irrégularité du bois qu’il choisit, mais aussi au travers de son approche unique de l’assemblage. Le domestique et l’intime s’entrecroisent ainsi au profit d’une narration ludique et d’un témoignage très poétique de son quotidien.

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