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Isaac Cordal

Selon Isaac Cordal, c’est par « accident » qu’il a commencé à faire du Street art – en camouflant ses sculptures dans le paysage urbain. Faciles à transporter dans son sac à dos, elles sont devenues de plus en plus petites pour se fondre dans un décor urbain toujours plus grand et propice à tous les scénarios. Avant de connaître son succès, Cordal étudie les Beaux-Arts à Pontevedra en Espagne, où il apprend la sculpture, puis au Camberwell College of Arts à Londres. Il expose pour la première fois son projet « Cement Eclipses », en 2012, à la galerie RAS de Barcelone. Depuis, ses petites figurines de béton ont parcouru la planète, de Londres à Bogota, en passant par Nantes à l’été 2013. À l’instar d’un dramaturge, l’artiste espagnol illustre avec poésie les nouvelles formes d’aliénation que génère notre société contemporaine. En 2015, Cordal s’empare du réseau artistique Spacejunk, en mettant en scène ses petits personnages de béton d’une quinzaine de centimètres de haut. Conçus pour être placés dans la rue et offerts à la vue de tous, l’artiste nous invite à porter un regard frontal sur notre société, à travers eux. Grâce à d’ingénieuses installations, il pointe du doigt les imperfections de notre société consumériste et l’asservissement intellectuel de masse, et met en lumière les problématiques environnementales. Depuis quelques années, les miniatures de béton sortent par centaines de son atelier situé à Bruxelles, envahissant l’espace urbain et les galeries d’art. Les scènes qu’il compose dans ces lieux de monstration reflètent invariablement le quotidien d’hommes et de femmes figés dans leur routine. Les attitudes lasses et désabusées de ses statuettes évoquent sans fard le sentiment général d’un système à la dérive.