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Dance of the Blessed Spirits

 

Du 4 octobre au 19 novembre 2016

GENESIS

Mexico City; été 2015. Deux côtes fracturées obligent Carlito Dalceggio à rester immobilisé pendant deux semaines, funeste spectateur de son inertie. L’Aventure de l’art au XXe siècle, un ouvrage consacré aux grands maîtres de la fin des années 1800 à l’art contemporain, lui sert alors d’exutoire. Les livres ne survivent pas à ses côtés. Il les détruit, les découpe. Sous ses mains, ils deviennent matière première à ses créations. L’un des plus célèbres tableaux de Cézanne est le premier à disparaître sous ses couleurs. Les Van Gogh, Gaugin, Toulouse-Lautrec et autres Douanier Rousseau suivent. En une semaine, il dessine sur quelque 700 pages, 700 interprétations de ces classiques.

Surfaces planes, fantômes d’un passé artistique qui a traversé les âges; Carlito les réinvente. Esprit libre, il en incarne l’évolution logique. Il peint, dessine, recouvre et transforme page après page. The Dance of the Blessed Spirits, un morceau de musique classique, l’accompagne le temps de sa transe; des notes d’ivoire qui donnent le ton à un champ de bataille bigarré. Il n’est plus devant les Champs de blé de Van Gogh, mais en plein paysage, sous le soleil, dans le vent, et la folie.

Après le livre, de grandes feuilles blanches sur lesquelles il réunit les personnages qu’il y a rencontrés. Sus à la gravité! Les personnages de Picasso, Matisse, Van Dongen et Munch en sont libérés. Avec ces dessins découpés, déchirés, il déconstruit l’art moderne et mène une nouvelle danse dans un BARDO mystique, un théâtre dans lequel se retrouvent ces esprits immortels. De nouvelles compositions naissent, des compositions éclatées aux accents de sauvagerie. Il en couvre le sol et les murs de son studio, désormais détaché de toute notion de figuration ou d’abstraction. L’important n’est plus de rendre hommage à une histoire de l’art révolue, mais de ne faire qu’un avec la peinture. Une série de dix tableaux en résulte, à travers laquelle il délaisse progressivement l’échantillonnage iconographique pour n’offrir qu’énergie brute.

Dance of the Blessed Spirits marque un retour à Montréal (Canada) après deux ans passés à Mexico City, un voyage en Asie et de nombreux projets médiatisés. Carlito y signe une exposition colorée et affranchie de tout cadre conceptuel. Un laboratoire consacré à la recherche d’une nouvelle mythologie, un nouveau rituel où se mélangent peinture, sculpture, design de mode, odeurs, installations, musique, poésie, voix et lumière.